• Encore moins de bébés à Maurice

    Commençons par le positif et saluons la nouvelle loi qui autorise deux semaines additionnelles du congé de maternité, ce qui permettra de prolonger la qualité des liens entre maman et son nouveau-né. Une première mesure du gouvernement pour encourager la natalité. Selon les chiffres officiels du Population et Vital Statistics, le nombre de naissances dans notre République continue à diminuer d’année en année. Il y a un urgent besoin d’encourager les naissances pour renflouer la population vieillissante de notre République.

    Dans la République de Maurice

     

    2013

    2014

    Naissances

    13,688

    13,415

    Mort-nés

    117

    138

    Décès dans leur 1ère année

    165

    194

    Avec un taux de natalité de seulement 0,1% en 2013, nous tombons parmi les pays avec de forts taux de dénatalité. Où seront les jeunes de demain pour prendre la relève ?

    A propos de ces 13 688 mamans de 2013

    Il y a eu 9 682 accouchements dans les 7 hôpitaux publics, 3 097 dans les 17 cliniques privées de Maurice et 685 à Rodrigues.

    Le nombre de décès maternels associés à l’accouchement tendait à aller en régressant, avec 15 décès en 1990, 5 décès en 2010 et 9 décès en 2013 ; des chiffres qui témoignent que le suivi de la grossesse et des accouchements était bien pris en charge dans le pays, en comparaison avec un taux de décès beaucoup plus élevé dans d’autres pays. Notons toutefois  qu’en 2014 Maurice a dégringolé de 14 places selon le classement annuel de « Save the Children » à cause du nombre plus élevé de décès maternels. Nous voici maintenant montré du doit sur le plan international car selon les données du World Health Statistics publié à la mi-mai 2015 Maurice est le seul pays d’Afrique à enregistrer un ratio négatif concernant la mortalité maternelle, alors que pour tous les autres pays la note est positive.

    Hausse continue dans le nombre de césariennes

    Une autre note négative pour notre pays est la montée continue dans le nombre de césariennes se répartissant ainsi, selon les chiffres publiés pour 2013:

    6 004 césariennes sur  13,688 naissances en 2013

    4 110 césariennes soit 42,4% dans les hôpitaux

     

    1 686 césariennes, soit 54,4% dans les cliniques

     

      218 césariennes, soit 31,8 % à Rodrigues.

     

    6 004 césariennes dans la République de Maurice

     

     

    Les césariennes restent essentielles dans certains cas très graves, mais se révèlent aussi, il faut l’admettre, tellement plus rapides pour ceux qui les pratiquent et qui n’ont pas à attendre les longues périodes imprévisibles du « travail » afin que le col soit largement ouvert pour permettre l’expulsion de bébé. Le rapport note en effet: “The percentage of deliveries by caesarian section occurring in government hospitals increased from 26.8% in 2000 to 42.4% in 2013.”

    Il est certain que les professionnels de l’Organisation Mondiale de la Santé vont, une fois de plus, montrer du doigt notre République pour ce taux trop élevé alors qu’un pourcentage de quelque 15% à 20%  est considéré la norme pour les cas d’accouchements posant de sérieux problèmes, avec la césarienne comme dernière alternative.

    1 202 naissances chez les moins de 20 ans

    Les données publiées ne classifient pas les naissances selon les âges. Impossible donc de savoir comment répartir les 1 202 naissances des moins de 20 ans, mais les grossesses précoces chez les plus jeunes restent une réalité qui nécessite encadrement et éducation. D’où l’importance d’un encadrement positif des adolescents pour qu’ils comprennent que les grossesses précoces sont synonymes de beaucoup de problèmes et que l’amour vrai doit savoir et pouvoir attendre.

    Poids inférieur des bébés

    En 2013, il y a eu, parmi ces 13 688 nouveau-nés, 2 naissances de triplets et 81 naissances de jumeaux. La très grande majorité est arrivée à terme, mais il y a eu les cas spéciaux qui ont posé problème et qui ont nécessité des soins spéciaux. Les chiffres qui posent le plus d’interrogations concernent les enfants qui ont un poids inférieur à la normale, et qui pèsent donc moins de 2,5 kilos. Ce taux dans le poids inférieur des bébés à leur naissance est passé de 7,9% en 1990 à 17,0% en 2013. Cela s’explique probablement par le nombre de prématurés qu’on peut actuellement garder en vie grâce aux couveuses dont le pays s’est doté afin d’assurer le maximum de chances de survie aux bébés nés avant terme. La question qui se pose est : pourquoi un taux aussi  élevé de prématurité ? Est-ce que cela proviendrait d’une préparation insatisfaisante de la grossesse ou d’une alimentation non adaptée des mamans enceintes ? Les services prénataux du ministère de la Santé procurent de très bons services ; les futures mamans s’informent-elles suffisamment auprès de ces centres  qui assurent un bon suivi et d’excellents vaccins ? Que tout soit donc fait pour que bébé passe ses 9 mois dans le corps de maman : c’est là qu’il est au mieux.

    En 2013, il y a eu 117 enfants mort-nés, dont 3 à Rodrigues.

    Le tableau suivant fait état des décès d’enfants de moins d’un an. Les chiffres cités révèlent combien toute cette première année de vie reste fragile et nécessite un suivi constant, mais note aussi  les progrès réalisés  pour éviter maladies et accidents.

     

    Les décès des enfants de moins d’un an à Maurice et Rodrigues

     

     

    Maurice

    Rodrigues

    Total

    1990

    434

    28

    462

    2000

    306

    16

    322

    2010

    205

    8

    213

    2013

    159

    6

    165

    Quand les papas seront-ils admis à l’hôpital auprès de leur femme qui accouche ?

    Les papas sont aussi totalement concernés par tous ces chiffres de natalité car ce sont eux qui, les premiers, peuvent transmettre la vie. Pas de femme qui devienne mère sans qu’un père ne soit venu la féconder en lui transmettant 50% de ce que sera leur enfant.

    Avec les tests d’ADN, il n’est plus possible de s’évader de cette responsabilité d’avoir appelé à la vie l’enfant que porte la femme qu’ils ont fécondée. La mémoire chromosomique en est la preuve, même si quelques-uns essaient de faire la sourde oreille quand il s’agit de reconnaître leur paternité. Leur hérédité marque à jamais l’enfant qu’ils ont appelé à la vie, soit par des ressemblances physiques ou des traits de caractère. D’où l’importance de la présence des papas dans la vie et dans l’éducation de leur enfant. De pouvoir assister à l’accouchement est une occasion très forte pour découvrir tout ce premier travail de contractions et de douleurs pour mettre au monde un enfant. Les femmes qui accouchent à l’hôpital n’ont pas encore cette possibilité d’avoir proches d’elle la présence du futur papa, alors que c’est possible en clinique. Jusqu’à quand durera cette discrimination, alors qu’on parle de plus en plus d’égalité de droits ? Nombreux sont les pays qui ont réussi à aménager leurs salles d’accouchement afin que les papas qui le souhaitent peuvent être présents. Pour faciliter une présence discrète et positive, durant ce temps très fort où la femme est prise dans son travail d’accouchement aidé du personnel médical, une session préalable de préparation des futurs papas serait un moyen de les informer afin que leur présence ne dérange pas.

    13 688 naissances : trop peu de bébés pour l’ile Maurice de demain

    Économistes et démographes continuent à tirer la sonnette d’alarme : la population mauricienne n’est pas en train de se renouveler  de façon positive. Nous avons trop peu de jeunes par rapport  au nombre d’adultes dont la duré de vie se situe autour de 75 ans. Nos familles de deux enfants ne vont pas résoudre les problèmes qui nous attendent. Nous avons besoin de voir remonter la courbe de croissance démographique. Que nos jeunes en soient informés et qu’ils aient déjà l’occasion de découvrir que maternité et paternité se conjuguent avec responsabilité parce que le besoin le plus essentiel de tout enfant est de pouvoir s’épanouir dans une famille  où l’amour des parents tient une place prédominante.

    1. Que feront nos gouvernants pour promouvoir la natalité ?

    Voici des propositions que j’ai déjà formulées dans le passé. Quand seront-elles introduites pour renforcer le tissu familial ?

    Des garderies moins chères, ce qui bloque bon nombre de parents pour agrandir leur famille. Les longues vacances de certaines garderies constituent un autre problème car les mamans elles continuent à travailler….

    Des abattements fiscaux pour plus de trois enfants.

    Des écoles de parents pour les aider à faire face à certains problèmes

    Nous ne résoudrons le problème majeur de la dénatalité mauricienne qu’en prenant le temps et les moyens de devenir un pays où l’on se retrouve heureux d’être en famille.

    01/05/2015 Monique DINAN