• Quelle Vision 2030 pour l’équilibre démographique de notre République ? Appel au gouvernement pour une politique familiale

    Nous avons eu avec Vision 2030 la stratégie pour le « second miracle économique du pays ». Il y a aussi urgence de planifier la politique démographique afin de freiner le vieillissement de notre population. Notre République fait face à un sérieux manque d’enfants. La natalité est en constante régression; cette dernière décennie a vu quelque 500 naissances de moins tous les ans. Les chiffres crient haut et fort à quel point les Mauriciennes donnent naissance à moins d’enfants que par le passé : les 22 600 naissances en 1990 sont passé à 20 000 en 2000. La régression s’est accélérée. En 2010 : 15 006 naissances et en 2014 : 13 415 naissances. Nous avons donc plus que jamais besoin de familles stables pour accueillir les bébés et leur offrir une qualité de vie où ils se sentent acceptés, en retour de quoi ils apporteront une nouvelle vitalité à notre pays sérieusement menacé par le vieillissement. C’est la planche de salut aux défis démographiques qui nous guettent.

    Deux autres facteurs expliquent la baisse dans le nombre de natalités.

    Il faut compter avec une émigration de nos jeunes adultes, surtout chez ceux qui ont eu la chance de faire des études supérieures à l’étranger, un facteur qui ne diminue le nombre de jeunes couples mauriciens.

    Les mariages se font à un âge plus avancé. Si la famille de deux enfants est devenue la norme, il y a hésitation pour accueillir un troisième. On met en avant les conditions socio-économiques et matérielles : avenir incertain, peur du chômage.

    Quels vont être les points forts de la politique familiale que préconisera le gouvernement en place pour relever le défi de la natalité ? Voici une série de sept articles pour soulever des questions afin de dégager ensemble certaines solutions qui nécessiteront l’effort conjoint du gouvernement et des citoyens. Un dossier ouvert où toutes les suggestions sont bienvenues pour enrichir le débat.

    Relancer la politique familiale

    L’heure est à une culture de vie porteuse d’espérance. Il faut modifier la politique officielle du pays depuis les années 1960 et construire maintenant un environnement favorable aux familles de plus de deux enfants.

    Dans le contexte actuel de rajeunir notre pays, il est important d’être au courant de toutes les méthodes de planification familiale ; mais il est nécessaire de ne pas nous enfermer dans une mentalité essentiellement contraceptive. Il faut savoir que la venue d’un enfant non programmé qui est accueilli avec courage et de façon positive est souvent celui qui vient apporter le plus de soleil et d’imprévus à un programme de vie bien codifié. Il y a nécessité donc d’avoir des mesures positives d’action afin que chaque famille soit lieu de liberté, une école de responsabilité et une source de force intérieure. La modernité met beaucoup d’accent sur l’avoir. Avec la tendance moderne du « toujours plus et encore plus », il faudra toutefois savoir dissocier l’essentiel du superflu.

    Vers quelles nouvelles législations ?

    Au gouvernement d’étudier quelle politique familiale ouverte et constructive établir pour encourager la fécondité des familles et le retour à l’équilibre démographique? Comment arriver à un partage des activités parentales ? Avec la transformation sociale majeure associée à la croissance de l’activité professionnelle, promouvoir une image positive de la famille est indispensable pour assurer le plein épanouissement des enfants. Il faut susciter la coopération des parents. Dans le monde du travail, ils assistent à des sessions pour améliorer leur performance, verra-t-on l’ouverture des écoles des parents qui enseigneront des recettes pour consolider la vie familiale  en vue d’ajouter du bonheur et du soleil dans la vie en commun.

    D’où la nécessité de publications et de projections audiovisuelles pour guider les futurs parents et éviter des erreurs qui blessent l’enfant et enveniment le climat familial.

    Quelle sera la politique officielle de logement pour les familles de plus de trois enfants. Non aux trop petites maisons qui posent déjà problèmes dans les cités ouvrières. S’il faut, dès maintenant, prévoir un aménagement du territoire, un plan d’urbanisme et du transport en commun pour le plus grand nombre de personnes âgées, il faudra aussi prévoir pour les familles plus nombreuses.

    Quelles nouvelles formes d’aide pour les enfants gardés à domicile ou dans des crèches ? Comment diversifier le mode de garde des enfants ? Comment mieux assurer leur surveillance pendant les vacances ?

    Il faudra savoir encourager l’aide des grands-parents, non seulement pour vivre des temps heureux ensemble, mais aussi pour la transmission des valeurs.

    Non à la paupérisation des familles nombreuses

    Quelles prestations mettre en place pour les familles à petit budget afin qu’une nouvelle grossesse ne soit pas perçue uniquement comme un fardeau et des dépenses supplémentaires ? Quelle prime accorder à la naissance ?

    Verra-t-on l’introduction d’abattements fiscaux pour les familles nombreuses ?

    Quelles nouvelles mesures instaurer pour les familles de plus de 3 enfants : possibilité de travail à temps partiel et à des congés de maladies des enfants ?

    La coordination est nécessaire entre les différents ministères – santé, famille, jeunesse, travail – pour des lois non seulement à moderniser mais surtout à faire approuver et à appliquer.  Tout cela doit être revu dans l’intérêt des enfants et des familles. Pourquoi un délai si prolongé concernant le Children Act qui n’est pas passé à l’Assemblée Législative à cause de certains retards des ministères concernés ? Le second miracle économique  ne pourra se réaliser dans la durée qu’avec une population qui se rajeunit et qui a toutes les capacités de bien se prendre en charge.

     

    1. Des familles stables

    Pour encourager les familles à avoir plus d’enfants, il faut promouvoir une image positive de la famille. C’est dans des familles stables que doivent naître les enfants dont l’Ile Maurice d’aujourd’hui a besoin. Trop de problèmes affectent les enfants des familles monoparentales, éclatées ou recomposées. Un nombre élevé de grossesses précoces et un nombre plus élevé d’enfants dans des familles appauvries psychologique ment et économiquement viendront fragiliser encore plus le climat social. Il faut donc, au départ, promouvoir la natalité dans des familles stables, capables de bien encadrer les enfants.

    Dans le contexte actuel de rajeunissement de notre pays il est important d’être au courant de toutes les méthodes de planification familiale mais il est nécessaire de ne pas nous enfermer dans une mentalité essentiellement contraceptive. La venue d’un enfant, programmé ou pas, vient souvent consolider un couple trop enfoncé dans la routine. Point de recettes toutes faites pour que le bonheur tellement souhaité soit au rendez-vous dans chaque famille.

    De moins en moins d’enfants : deux ou trois et pas plus… nous disent les chiffres.

    On se met en couple jeune… mais on se marie plus tard… En 1990 la moyenne d’âge du mariage était de 24 ans. En 2014 elle est passée à 28 ans pour la femme et de 29 à 31 ans pour l’homme.

    Le nombre de divorces – qui blessent les enfants encore plus que les parents – a augmenté de 1584 cas en 2013 à 2 262 cas en 2014, ce qui représente 678 cas de plus en une seule année…

    En voici les détails :

    7 divorces ont été prononcés avant la première année de mariage

    390 divorces entre 1 et 5 ans de mariage

    1 063 divorces entre 5 et 25 ans de mariage

    202 divorces après plus de 25 ans de mariage

    Dans les 2 262 cas de divorces en 2014, 2 040 ont été prononcés chez les couples qui avaient 2 enfants ou moins.

    … Et combien d’autres couples aussi fragilisés qui se demandent combien de temps ils pourront tenir ensemble alors que les enfants se retrouveront partagés entre les deux parents ou dans des familles recomposées ?

    Avec l’élévation de l’âge des mariés et l’explosion des divorces, la natalité va encore baisser.

    Tout échec familial a des répercussions sociales et va entraîner des coûts élevés sur le plan financier (aide aux familles monoparentales), humain (besoin de psychologues pour soigner les cœurs blessés) et social (retard dans les études et blocage dans la vie professionnelle). Les divorces fragilisent encore plus les femmes, alors que la présence de leur conjoint leur procure certains avantages et une respectabilité dans la société.

    Quelles campagnes  et quel accompagnement pour susciter des couples capables de trouver leur bonheur dans la stabilité, ce qui est indispensable pour assurer le plein épanouissement de leurs enfants?… Capables aussi de recréer des liens et recommencer la route ensemble même s’il y a eu des séparations passagères ?

     

    1. Des grossesses bien accompagnées

    La procréation est une étape décisive dans la construction d’un couple. Grossesse surprise ou grossesse programmée, la confirmation qu’un enfant s’est annoncé marque un tournant majeur dans la vie de chaque femme. Une interrogation se pose : est-ce que cela va consolider le couple ou le fragiliser ? La femme sera-t-elle plus mère qu’épouse ? Elle devra s’interroger comment consolider son couple au lieu de rester trop polarisée autour de leur enfant.

    Cet enfant ne sera jamais pour elle seule; il est aussi celui de son père qui lui a transmis 50% de ses chromosomes et de son hérédité et qui a aussi déterminé, à son insu bien sûr, si cet enfant sera fille ou garçon.

    Faut-il que le couple qui se prépare à accueillir un premier enfant se soit assuré que la future maman a fait tous les vaccins nécessaires et qu’elle est dans les meilleures conditions de santé afin que l’enfant qu’elle va porter ne soit pas exposé a des problèmes de santé qui vont le fragiliser. Grâce à la campagne de l’association « Etoile d’Espérance, le message « Zéro alcool pendant la grossesse et l’allaitement » doit être pris très sérieusement afin d’éviter le risque d’handicapés mentaux. La science moderne continue à révéler le minutieux travail de l’enfant qui se construit au fil des jours et qui reste éminemment sensible à tout ce que vit sa maman pendant la grossesse. D’où l’importance d’une prise en charge continue pour que bébé se sente accueilli et protégé par un bon suivi médical. Notre République a déjà toutes les structures recommandées par l’OMS mais ne faudrait-il pas revoir certaines pratiques afin que les futures mamans se sentent chaleureusement accueillies tout au moins pour leur première visite.  Au-delà des fiches à remplir et des dates de tests à effectuer, cette visite comprendrait aussi une session pour les informer de l’intense travail de bébé pour se construire afin que les futures mamans soient à 100% coopératrices dès le départ. Il faudrait aussi rationaliser le travail afin qu’elles perdent moins de temps lors des visites aux centres de santé pour le suivi des grossesses.

    Pourquoi pas un jour de congé autorisé par l’État pour que les femmes enceintes puissent au début de leur grossesse, s’inscrire non seulement pour les tests à effectuer  mais aussi pour un exposé dans une ambiance chaleureuse en vue de les informer des meilleures conditions pour qu’une grossesse se passe bien?

    Pourquoi pas un jour fixe dans chaque centre de santé pour accueillir toutes celles qui ont appris au cours du mois qu’elles sont enceintes pour être informées, d’une part, comment se  développe et se nourrit le bébé, et d’autre part, sur les méfaits de la cigarette, de l’alcool et de la fatigue. Elles devront aussi apprendre comment coopérer le mieux possible à l’accouchement  au lieu de n’avoir comme idées fixes que les douleurs qu’il faudra subir.

    Ce vécu d’une maman de 23 ans raconté en toute simplicité fait état des problèmes rencontrés et des solutions à apporter.

    Témoignage : J’ai accouché en décembre 2014

    Tout commence quand j’apprends que je suis enceinte par un test de grossesse que j’achète en pharmacie après avoir constaté que mes règles ne venaient pas dans les temps convenus. Quand j’apprends cette nouvelle, la semaine qui suit, je décide de prendre rendez-vous chez un gynécologue du privé qui me confirme ma grossesse et me dit que je suis enceinte de quelques semaines. Il me prescrit des vitamines prénatales que je dois acheter dans une pharmacie. La consultation et les médicaments me coutent environ 1500 roupies. Vu que j’avais un budget restreint, je ne pouvais pas me permettre de débourser cette somme à chaque visite. C’est alors que je décide de faire mon traitement prénatal dans les services publics qui sont gratuits.

    Dans le deuxième trimestre de ma grossesse, je pars à l’hôpital Victoria de Candos pour suivre le traitement prénatal. On me renvoie en me disant qu’ils ne font pas de contrôle prénatal à l’hôpital et que je dois aller au dispensaire le plus proche de ma maison (qui se trouve bien plus loin que l’hôpital). Or, j’avais déjà pris un jour de congé pour pouvoir aller à l’hôpital. Je pense qu’ils auraient pu au moins me prendre en compte.

    La semaine suivante, je me libère du travail pour aller au dispensaire. C’est alors qu’ils me donnent un rendez-vous pour la semaine d’après. Un jour pour la prise de sang et un second pour le suivi avec la sage-femme ou le médecin. Je commence à être exaspérée car pour un seul rendez-vous, j’ai eu à prendre quatre jours de congé en deux semaines.  Mais je me dis que c’est gratuit et je dois m’y faire.

    Au dispensaire, tout se passe très bien même si chaque semaine que j’ai le suivi je dois prendre au moins deux jours de congé, un jour pour la prise de sang qui ne dure même pas deux minutes après avoir attendu plus d’une heure et, un autre jour, pour le suivi avec le médecin et la sage-femme qui dure plus ou moins une demi-journée. Après deux fois au dispensaire on m’envoie à l’hôpital pour passer avec un obstétricien parce que mon groupe sanguin a le rhésus négatif, alors que celui du papa est positif. Arrivant à l’hôpital, l’obstétricien m’a expliqué que ce n’était pas nécessaire que je reçoive quoique ce soit, vu que c’est mon premier enfant. Je m’étais documenté dessus et j’en avais parlé à un ami médecin, mais comme je n’étais pas experte, je n’ai pas voulu titiller mon obstétricien plus que cela. Quelques semaines plus tard, l’obstétricien part en congé. Son remplaçant était presque choqué que je n’avais pas reçu d’immunoglobuline contre le facteur rhésus. Et j’ai dû rappeler au médecin que je n’avais aussi pas eu la deuxième dose de vaccin de tétanos.  

    Tout se passe ensuite très bien. J’ai maintenu ma tension à pas plus de 120/80 pendant les neuf mois. Mon hémoglobine était maintenue à plus de 11 à chaque contrôle. Je n’ai pas eu de diabète, même les tests de tolérance au glucose par voie orale non jamais dépassé 10.  Pour résumer, j’étais en parfaite santé!

    1. Accoucher dans les meilleures conditions

    Toute la période associée à un accouchement constitue une étape cruciale dans la vie du trio concerné: maman, papa et bébé. Commençons toutefois avec la suite du témoignage de l’article précédent car le récit qui suit constitue une photographie de plus de la moitié des accouchements vécus dans le pays en 2014.

    Je viens, une fois de plus, affirmer y a un nombre trop élevé de césariennes dans notre pays. Alors que l’OMS trouve que le pourcentage de 15 % représente la norme acceptable, le taux de 35,3 % en l’an 2000 est passé à 48,4% en 2005, pour arriver à 53 % en 2010. Voici les détails selon le Health Report 2014:The percentage of deliveries of caesarean section on total births in government hospitals was 46.5% in 2014 compared to 26.8% in 2000. The percentage of deliveries of caesarean section on total births in private clinics was 56.6% in 2014, compared to 35.3 in 2000; un palmarès qui ne fait certes pas honneur au monde médical dans le pays.

    Pourquoi une césarienne ?

    Les contractions commencèrent deux jours avant le jour de l’accouchement. Pendant ces trois jours, je n’ai été examinée que pendant les tournées des médecins dans la salle le matin. On m’a demandé de les avertir que si je perdais de l’eau ou du sang ou si les contractions devenaient plus fortes et rapprochées. C’était la première fois que j’étais dans cette situation, je me sentais perdue ne sachant pas quoi faire, ni vers qui me tourner.  On m’avait interdit  de garder mon téléphone, mes papiers d’identité été restés avec mes proches, car la consigne était formelle ; « quite tous zafair, portab, carte didentiter tou ! » Ma grande inquiétude était… s’il m’arrivait malheur ? Comment faire savoir au proche ? Vont- ils m’identifier ?

    Arrivé à 7-8 centimètres de dilation du col, le vrai travail commence pour moi… je quitte la salle prénatale pour aller en salle de travail pour accoucher. J’ai été examinée par la sage-femme et les médecins présents qui m’ont dit que j’allais accoucher par voie basse dans moins d’une trentaine minutes. Je remerciais Dieu que tout soit en train de suivre la voie naturelle, souhaitant aussi que tout se termine vite.

    Les médecins me proposèrent un calmant que j’accepte. Et tout à coup, en perdant les eaux, j’entends  les médecins et la sage-femme qui parle de césarienne.  J’étais étonnée vu que tout allait très bien et même parfaitement pour l’heure. Imaginez la douleur !

    Ils parlaient de césarienne mais ils ne m’en ont averti de rien jusqu’au moment où ils me font monter sur un ‘trolley’.  Je demande alors où nous allons c’est alors qu’ils m’informent que je pars en salle d’opération pour  « la césarienne ».

    Je n’ai même pas su la raison pour laquelle j’accouchais de cette façon.

    Arrivant dans la salle d’opération déjà sur la table, c’est alors qu’ils me demandent de signer pour être opéré. J’étais sans moyens de refuser vu que je ne savais pas ce qui se passait.  Toutes les conditions étaient là pour que mon enfant vienne par voie naturelle, et voilà que j’ai été opérée d’urgence. Quelle urgence ? Je ne saurais répondre… Qu’est-ce-que j’ai signé étalée sur la table d’opération ?

    Je terminerai en remerciant l’équipe qui m’a pris en charge durant ma grossesse. Je suis navrée que ma gratitude soit mélangée à une forte dose d’amertume que je ne peux cacher. Quand je pense à toutes les erreurs… au manque de pédagogie et au fait qu’à plusieurs reprises j’ai dû me calmer en me disant « pas grave : mo pe gagne sa gratuit ! »

    Et six semaines après mon accouchement, c’est sur internet que j’ai appris que j’aurais dû avoir un examen postnatal par un gynécologue….

    Un cas de plus … un cas de trop …C’est un fait que le nombre très élevé de césariennes pose problème dans le pays et nous fait être pointé du doigt sur le plan international. Un gynécologue qui s’étonnait de ce taux très élevé concluait que nous mériterions d’être appelés : L’île de la Césarienne.

    Cela veut dire que toute femme mettant en route une grossesse a mathématiquement un risque sur deux d’avoir une césarienne. Le taux de césarienne qui avoisine les 50%  s’accompagne d’une morbidité néonatale qui s’est aggravé avec le plus grand nombre d’enfants qui naissent prématurément !

    On peut aussi déplorer que les papas ne soient pas admis dans les salles d’accouchement dans les hôpitaux, alors que c’est pratique courante dans les cliniques mauriciennes. D’être présents et témoins de tout ce qu’endure l’accouchée peut certainement consolider la fibre paternelle et inviter l’homme à apporter une aide plus substantielle lors de la rentrée à la maison.

    Qu’en est-il du congé parental pour le père dont on ne parle jamais ?

     

    1. Papa et maman le souhaitent: le meilleur pour notre enfant

    Chaque enfant arrive avec ses besoins en affection et encadrement.  Il a autant besoin de son papa que de sa maman. La petite enfance nécessite tout un ensemble d’activités centrées autour du bébé, il faut vouloir et savoir le partager dans le couple afin d’arriver à un partage plus égalitaire des tâches domestiques et parentales entre le papa et la maman. C’est dans ce domaine que les femmes ne doivent pas tout monopoliser; mais au contraire, inviter le papa à assurer une présence active, dynamique et sécurisante auprès de leur enfant à tous deux.

    Il est important de connaître l’évolution des besoins de l’enfant, de son développement psychique, de savoir repérer ce qui peut constituer blocages et problèmes qui, pris à temps, peuvent être plus facilement résolus, que s’ils perdurent. Certains pays ont aidé à la formation d’écoles et clubs de parents. Il faut aussi savoir comment protéger les enfants des agressions sexuelles.

    Vouloir pour son enfant le meilleur coûte cher et demande bien des sacrifices. Il faut vouloir faire la différence entre l’essentiel et le superflu : ne pas succomber aux solutions de facilités et gaver l’enfant de tout ce qu’il demande. Quoi de plus normal toutefois que les parents souhaitent que leur enfant ait un parcours des plus positifs: une bonne école, un collège reconnu afin d’avoir toutes les chances d’une bourse pour des études supérieures. Ils sont prêts à envisager tous les sacrifices pour obtenir le diplôme qui va lui assurer un avenir stable et prometteur. Si plusieurs enfants se succèdent, chacun arrive avec un caractère et un potentiel différent : il faudra savoir l’encadrer selon ce qu’il est et non selon ce que ses parents voudraient. C’est cette diversité de parcours qui, avec ses talents et ses handicaps, constitue la richesse des grandes familles.

    A chaque famille son histoire. Qu’on soit à quatre ou à  six, ce ne sera certainement pas le calme plat à la maison : il y aura parfois des gros orages et de lourds silences. Cela fait aussi partie de la trame familiale. A chaque famille ses astuces pour dédramatiser les problèmes et apprendre à trouver les techniques pour ramener calme et rires. Des sessions regroupant les parents peuvent être organisées dans ce but.

    Le meilleur pour l’enfant reste une famille où l’on s’aime, où l’on s’accepte avec ses différences, où l’on apprend comment gérer les conflits sans finir dans la violence et les séparations. D’où l’importance d’inscrire la dimension religieuse dans la famille, de mettre de l’avant ses valeurs et de faire de la place au service social.

     

    Notre monde moderne est très axé sur le libertinage. Les infidélités peuvent peser bien lourd sur l’ambiance familiale. Même si les « bons » divorces et les « bonnes » familles recomposées font de plus en plus l’actualité, l’enfant a besoin de sa famille d’origine avec des papas capables d’assumer leurs responsabilités. D’où l’importance de services d’écoute qui aident à soigner les blessures en vue d’une réconciliation dans une famille de nouveau ensemble et dorénavant plus soudée. C’est dans ce contexte que des solidarités familiales peuvent s’avérer positives au lieu d’exiger des séparations et des divorces qui blessent immanquablement.

     

    6 Femmes, familles et travail

    Il est normal que les Mauriciennes veuillent être aussi diplômées que les hommes. Elles sont actuellement en train de mieux faire qu’eux comme le prouvent les résultats des examens primaires et secondaires. La croissance de l’activité féminine se rapprochant beaucoup du modèle masculin; elles veulent aussi l’égalité de salaires. Cela représente une forme d’émancipation et d’autonomie, ce qui est tout à fait louable.

    L’accroissement de l’activité des femmes au travail est toutefois associé à la baisse de la natalité. Concilier vie familiale et vie professionnelle peut devenir très exigeant, mais il est aussi essentiel qu’elles puissent développer au maximum leur cœur de mamans. A chaque femme de savoir trouver son équilibre et son épanouissent dans la gestion de ses temps de vie : familial, professionnel, social et personnel. . A chaque femme surtout l’obligation de se garder en bonne santé,  que ce soit au physique comme au moral.

    Encourager des familles plus nombreuses doit obligatoirement nécessiter de nouvelles mesures concernant la vie au travail. Il faut faciliter la vie des familles dans la République de Maurice et mettre en train des mesures positives pour assurer la garde des enfants.

    Les lieux de travail réunissant un pourcentage important de femmes n’auraient-elles pas intérêt à ouvrir crèches et garderies, bien administrées, ce qui tranquilliserait les mamans et leur permettraient de donner leur pleine mesure au travail? L’ouverture d’un nombre important de crèches serait, en même temps, offrir un créneau de travail pour de nombreuses femmes actuellement au chômage à qui il serait donné, au préalable,  une formation leur apportant de nouvelles connaissance pour un sain développement des enfants.

    Les après-midis des enfants dont les parents travaillent

    Les enfants scolarisés au primaire et secondaire sont rentrés à la maison avant 16h00 alors que les heures de travail pour les adultes vont bien au-delà des heures réglementaires. Dans le service civil  les 9h00 à 16h00 sont la norme, mais dans le secteur privé, il n’y a pas de loi cadre avec pour résultats que réunions et travail peuvent s’étendre régulièrement au-delà des 18h00 pour faire face ensuite aux lenteurs associés avec le trafic.

    A quand une mobilisation des femmes-cadres pour étudier toutes les recommandations à proposer pour que les mamans aient du temps avec leurs enfants dans l’après-midi ? A l’heure actuelle elles ne rentrent à la maison familiale que déjà fatiguées pour faire face aux enfants qui ont vécu leur après-midi devant la télé ou qui pâtissent dans des activités qui ne les valorisent pas.

    Voici quelques points à discuter afin d’arriver à un vrai consensus en vue de faire entendre leurs propositions.

    Des heures plus flexibles de travail pour les femmes; ce qui allégerait aussi le trafic routier tellement congestionné qui retarde d’une heure ou deux le retour à domicile.

    Quelles nouvelles mesures pour sécuriser le travail à domicile ou le travail à mi-temps ?

    Quelle prestation, d’un part, pour les mamans qui choisissent de rester auprès de leurs enfants ?

    Quelle prestation, d’autre part, pour favoriser un retour à l’emploi de celles dont les derniers ont grandi ?

     

    1. Jeunes et familles

    A qui revient la responsabilité de relever le défi de rééquilibrer la situation démographique de notre République ; c’est aux jeunes Mauriciens d’aujourd’hui qui ont entre 15 et 35 ans. C’est au fil des années, sortant de leur adolescence, qu’ils voudront vivre pleinement leur vie de jeunes adultes.  La modernité leur offre de grands choix où ils se retrouvent avec beaucoup de libertés pour écrire chacun leur curriculum vitae avec leurs certificats et diplômes et pour choisir leur vie sentimentale.

    Commençons par un constat de quelques tendances modernes qui ont une grande influence sur les jeunes.

    Féminisme et modernité : la tendance dominante de la sexualité féminine moderne est d’être inféconde et protégée avec la médicalisation poussée de la contraception. Avec les risques possibles d’infertilité future que cela peut entrainer pour certaines d’entre elles.

    La sexualité masculine moderne est à la recherche d’expériences fortes et passagères.

    Il y a aussi le culte du porno qui devient une vraie drogue dont il est difficile par la suite de se détacher.

    Avec la modernité, le monde est submergé par un courant individualiste.

    De multiples choix s’offrent aux jeunes:

    Des aventures sentimentales à la chaîne qui ne durent que le temps de certaines fêtes…

    Des essais avec un partenaire afin de savoir si cela va bien marcher…

    Des expériences sexuelles qui ne sont pas liées à l’affectivité et au couple laissent leurs séquelles et blessures dans le corps, dans le cœur et surtout dans la mémoire.

    Difficile par la suite de se reconstruire et d’avoir une vision saine et positive de la vie.

    D’où le besoin de s’évader dans l’alcool et la drogue, d’où la déprime de jeunes adultes qui ne tiennent plus la barre de leur vie et se laissent attirer par des distractions éphémères.

    D’où des problèmes associés: dépenses extravagantes, pratiques malhonnêtes, violences sexuelles chez le couple, harcèlement sexuel au travail,

    Il y a aussi la précarité du couple : on casse et on recommence, cela se fait bien plus facilement que dans le passé.

    La modernité a aussi entraîné le passage de la famille au passage des familles : monoparentale, biparentale, recomposée.

    Comment neutraliser cette modernité lascive et inviter les jeunes à un avenir sans avoir à regretter des aventures qui perdurent dans leur mémoire et qu’ils regretteront d’avoir vécu ?

    On ne vit qu’une seule fois avec un cœur affamé d’amour vrai.

    Quelle éducation positive à une belle sexualité où ils se découvrent les maîtres de leur corps et de leur cœur ?

    Avec un corps sain qui se connait et qui a appris  à se contrôler pour mieux se donner.

    Avec un cœur capable d’attendre un amour stable pour mieux se plonger dans les profondeurs d’une grande passion afin de pouvoir écrire l’histoire de leur jeunesse sur des pages non remplies de ratures et de regrets.

    Un amour stable et fécond pour fonder leur famille qui va s’ancrer sur le roc de la fidélité et de l’amour partagé sans l’attente d’une fusion impossible à réaliser.

    Comment transmettre aux jeunes du pays une culture de la famille porteuse d’espérance ?

    Comment leur faire découvrir les droits, devoirs et responsabilités du contrat de mariage? Par quels moyens les inviter à un amour vrai appelé à durer ? Un amour qui implique dialogue et sacrifices, qui connait des hauts et des bas, mais qui tient bon et qui s’enrichit de nouvelles nuances et découvertes au fil des ans.

    Au gouvernement, aux ONG, aux religions de s’atteler à toute une campagne de mobilisation pour des familles mauriciennes stables et solidaires où ensemble on prend le temps de se construire, de s’aimer et de se donner.

    10/02/2016 Monique DINAN