• Le développement humain, un bel espoir pour l’île Maurice... Pravina Nallatamby

    L'année 2017 tire bientôt à sa fin, et avec elle, la décennie s'achève tout doucement avec un léger gout d'amertume si on s'en tient au bilan mondial : crises économiques, violence et guerres, terrorisme, éclatement de la famille, déséquilibres divers, effondrement des valeurs, injustice, méfiance et mépris... Bref, une vision apocalyptique  qui ne présage, à première vue,  rien de favorable pour l'homme… toutes générations confondues !

    Et notre chère île Maurice ne sera certainement pas épargnée... Toutefois, tout espoir n'est pas perdu. À partir d'une analyse historique et économique de la situation sociale locale certes fort inquiétante, Monique et Pierre Dinan nous proposent quelques pistes de réflexion favorables à un développement plus humain et positif du pays dans leur dernière publication : Réflexions sur le développement humain dans la République mauricienne - 2017-2020. Ce couple remarquable met son savoir faire au service de nos concitoyens depuis plus de cinquante ans. Après leur retraite, Pierre et Monique Dinan ont continué à porter un regard critique sur le développement du pays. Aujourd’hui, ils nous livrent un diagnostic social du pays ; en s’appuyant sur des rapports statistiques, ils donnent quelques conseils aux jeunes, à leurs parents et leurs tuteurs pour améliorer la situation actuelle.

    Il est temps de tirer la sonnette d'alarme et d'éveiller les consciences, nous disent-ils. Il ne s'agit pas uniquement de réussir sur le plan économique. L'historienne, pour sa part très engagée sur le plan social dans la cause des femmes et, de façon plus large dans celle de la famille, s'interroge sur le "développement humain" au sein de la société. En prenant des données de la presse écrite, reflétant aujourd’hui une dégénération sociale et, en se fondant sur sa propre expérience au sein de l'association MAM (Mouvement d’Aide à la Maternité), elle souligne les dysfonctionnements et les faiblesses du pays. Elle ancre ses réflexions à côté de celles de son époux économiste sur plusieurs aspects socio-économiques dans une perspective pratique : ils abordent la sécurité dans le pays, la santé, la famille, les femmes, le taux de natalité, le monde du travail et de l’éducation, la stabilité du couple, l’intérêt de la responsabilisation des jeunes, leur insertion professionnelle... Selon eux, il est plus que jamais nécessaire de consolider les valeurs de la famille et d’augmenter le taux de natalité sinon qui prendra soin du pays à l'avenir avec ce cruel manque d'enfants ? Ils prônent une bonne  stabilité conjugale ainsi qu’une sexualité qui privilégie l'amour et le bonheur ; c'est également important de cultiver le partage et d’aider l’homme à se réconcilier dans son rôle d’éducateur, envisager une politique familiale « ouverte et constructive »...

    Monique Dinan consacre un chapitre à un code d’éthique pour les jeunes futurs citoyens et acteurs  de changement pour le bien-être de la société. Quelques conseils judicieux les orientent sur leur rôle en tant que personne, membre d’une famille et de la société pour construire le présent avec solidarité en vue de la planification d’un avenir harmonieux et positif.

    Pour Monique Dinan, les enfants sont la plus grande richesse qu’on puisse avoir. Afin qu’un pays s’épanouisse pleinement, il faut les aider à se construire dans l’écoute, le dialogue et la solidarité. Monique et Pierre Dinan  invitent la jeunesse mauricienne à s’éveiller pour devenir de futurs citoyens engagés, des humanistes ainsi que de bons parents et éducateurs. C’est important de faire bon usage de sa vie car, comme le dit avec une grande tendresse maternelle Monique Dinan, dans un de ses poèmes : « Ta vie est un cadeau unique qui t’est confié…».  Et à un autre moment, elle dialogue avec le jeune du XXIème siècle, en l’incitant à réfléchir à son avenir et à sa responsabilité au sein de la société…

    Toi du XXIème siècle (extraits)

    Tu es héritier de progrès gigantesques.

    Que ces progrès ne t’accablement pas. Ils sont tes serviteurs.

    Ils sont là pour t’aider, n’en deviens pas les esclaves.

    Que ces progrès ne te montent pas à la tête !

    Ta vraie richesse est dans la qualité de cœur que tu construis.

    Qu’est-ce qui est plus important pour toi ?

    Les AUTRES d’abord ou le MOI avant tout ?

     

    Monique Dinan,  Les amours d’une vie, 2010

     

    Pierre Dinan, pour sa part, commente le plan stratégique économique 2017-2020 proposé par le ministre des Finances, visant à conduire le pays dans la cour des grands, celle des pays à revenu élevé tout en rappelant les objectifs majeurs de la Vision 2030. Cette ambition de croissance et d’enrichissement est motivée à  juste titre par la volonté de réussir. Selon Pierre Dinan, il serait souhaitable que la société mauricienne tout entière soit impliquée dans le développement du pays ; il souligne l’importance de  l’ « apport humain », dans la recherche d’un «  mieux-vivre » pour chaque citoyen.

    Est-ce que jeunesse mauricienne connait suffisamment l’histoire de son île qui va bientôt fêter ses cinquante ans d’indépendance ? Est-ce qu’elle a toutes les clés pour envisager la construction d’une histoire positive de son pays ? Les jeunes doivent retrouver leurs racines et se fortifier ; connaitre l’histoire passée et comprendre les réalités actuelles leur permettront de se responsabiliser.

     

    Réflexions sur le développement humain dans la République mauricienne - 2017-2020

    Dans cet ouvrage, Pierre et Monique Dinan nous font part des convictions profondes qu'ils véhiculent depuis plusieurs années dans leurs publications multiples. Comme les textes publiés sur leur site internet (http://www.pmdinan.com/), celles-ci sont fondées sur des recherches minutieuses et l’observation des faits réels de la société mauricienne. Grâce à l’éclairage avisé de l’historienne et de l’économiste, à leur expérience étroitement associée à leur foi chrétienne, on peut comprendre leur démarche d’éveil des consciences pour une « sensibilisation » des jeunes Mauriciens.

    08/12/2017 Monique DINAN