• Nous, les femmes (1)

    Nous, les femmes (1)

    Habillées, déshabillées …

    En cette semaine où les créateurs et créatrices de mode font leur show, prenons conscience d’un fait qui prend de plus en d’ampleur : les tenues de plus en plus dénudées de certaines Mauriciennes dans les lieux publics. Et elles s’y mettent de plus en plus jeunes.  La lingerie féminine, sexy certes, mais pas vulgaire, occupe aussi tout un créneau de l’actualité dans la presse mauricienne. Maillots de bain et bikinis sont d’autres thèmes porteurs.

    C’est aussi une niche importante pour les publicités où tout s’ose. De beaux visages … ; des sourires angéliques… ; des femmes aux poses les plus naturelles et n’ayant rien d’allumeuses aguichantes… ; des corps féminins qui s’exposent sans retenue… ; une mise en valeur assurée, quelles que soient la pointure et la carrure… ; des matériaux d’une qualité exceptionnelle pour assurer le maximum de confort et de bien-être. Photos de qualités artistiques recherchées. Tous les éléments importants sont étudiés de très près pour attirer, suggérer et faire débourser. Il s’agit de faire des affaires d’or qui vont aider grandement à la réussite des affaires de cœur et des histoires d’amour. Ces petites tenues décontractées, au prix fort, vont permettre des soirées intimes et inoubliables. La pub nous le promet…

    Entre la blouse et le jeans, la taille s’expose… Chez certaines les seins débordent : les bretelles sont inexistantes alors que les bombances sont protubérantes. Chez d’autres, les jupes sont de plus en plus courtes. Les tenues de soirée en montrent davantage…à satiété même, alors qu’un beau décolleté vient mettre en valeur sans vouloir tout exposer.

    Ce savant déshabillage est offert aux yeux de tous ; aux moins jeunes à qui cela sert d’exemple comme aux hommes qui trouvent grand intérêt à s’en remplir la vue ! Une sorte de soft porno. Pourquoi ne pas regarder quand tout s’offre ainsi gratuitement… Mais gare aussi aux attouchements dont les plus jeunes feront les frais.

    Pour ces Mauriciennes qui se mettent au frais en public, cela ne leur pose aucun problème. Elles ont de bonnes explications :

    Suivre la mode aveuglément

    Simple désir de ne pas passer inaperçues et de se mettre en valeur. 

    Épater pour mieux séduire.

    Hameçon pour s’attirer les regards.

    Provocation : regardez mais ne touchez pas.

    Il est évident que ces femmes se sentent à l’aise dans le style qu’elles arborent.

     « Chaleur oblige » expliqueront certaines.

    D’autres invoqueront leur principe directeur «  mon confort et mes goûts avant tout. Il s’agit de mon corps, je suis libre de faire ce qui me plait ; le reste n’a pas d’importance pour moi. »

    Quelle image de la Mauricienne que ces femmes présentent ?

    Sûres d’elles ? Coquettes ? Aguichantes ? Délurées ? Sans complexes ?

    La vraie féminité est pourtant aussi faite de pudeur, ce voile intérieur qui masque ce qui n’est dévoilé que dans l’intimité d’un dialogue des corps et des cœurs.

    Il y a cette beauté que toute femme doit savoir privilégier : la part de mystère qui la rend unique. La femme qui n’expose pas ses charmes à la vue de tous devient alors irremplaçable et prend encore plus de valeur pour celui qui en a fait l’élue de son cœur. Il est le premier et le seul à dévoiler le trésor unique de son corps et de sa personne. Elle reste celle qu’on peut admirer sans avoir à la convoiter.

    Monique Dinan

    Le Mauricien 28.3.2011

     


     

    Nous, les femmes (2)

    Les « faits divers »  de la presse

    Nous, les femmes, occupons de plus en plus l’avant-plan de la rubrique qu’on surnomme « faits divers » dans les journaux.

    Femmes tuées à cause de crises de jalousies dans des scénarios d’une extrême violence. Femmes lacérées ou mutilées par vengeance ou par dépit. Motif : les amours passées n’ont pas tenu bon. Ruptures d’une part, remises en couple avec un autre partenaire. D’autre part, la jalousie rôde : il faut faire mal, punir, violenter. Le nombre de ces victimes augmente : il n’est de semaine que les titres ne se succèdent révélant une extrême barbarie.

    Fillettes violentées sexuellement par leurs beaux-pères ou les hommes de passage venus remplacer les papas absents des couples séparés. C’est dans la maison familiale que de tels drames se jouent. Que ressentent ces mamans qui se retrouvent doublement meurtries ? A cause, d’une part, des traumatisantes expériences de leurs enfants marquées à vie par de telles violences et, d’autre part, de la trahison de l’homme qu’elles ont introduit dans leur maison ? Elles se retrouveront, dans la plupart des cas, éloignées de leurs filles qui seront officiellement appelées à trouver plus de sécurité dans un abri du gouvernement.

    Fugues de jeunes adolescentes qui vont loger chez des « amies ». Celles-ci les introduisent à des styles de vie qui les initient à la prostitution et les exposent à l’alcool et à la drogue.

    Amours de jeunes adolescentes envoutées par une passion qui envahit leur vie et à laquelle elles sont prêtes à tout sacrifier : parents, études, avenir… Elles s’exposent aux grossesses précoces, aux avortements et aux infections sexuellement transmissibles. Elles en sortent meurtries physiquement et psychologiquement. Elles vivront d’autres passions et d’autres désillusions, ayant tout commencé trop jeunes et encore instables.

    Querelles entre femmes amoureuses d’un même homme. Il y a quelques grands titres avec tout un déballage devant le public, mais combien d’autres sont des aventures douloureuses vécues, avec des attentes déçues et des rêves d’avenir effondrés.

    L’amour est mis à  mal et l’amour fait mal au point où la police et la justice doivent s’en mêler.

    L’Ile Maurice des années 2010 comporte trop de familles disloquées, trop de cœurs blessés, trop de jeunes exposés à des violences qui les mutilent à vie.

    Il ya un nombre grandissant de ces problèmes de société qui marquent les générations à venir et affaiblissent le noyau familial.

    Nous les femmes, quelles sont nos  réactions devant ces « faits divers » ?

    Indifférence … Cela ne nous regarde pas. A chacun de mener sa vie comme bon lui semble…

    Solidarité entre femmes pour compatir, encadrer et remettre sur les rails…

    Mobilisation contre les hommes, ces « violents » à punir à tout prix…

    Réfléchir ensemble pourquoi nous arrivons à de telles impasses quand il s’agit d’aimer et d’être aimé.

    Pourquoi tant d’échecs et de déceptions à l’intérieur d’un couple ? Pourquoi un mariage sur cinq finit actuellement par un divorce ? Pourquoi est-ce plus difficile de nos jours d’aimer dans la durée alors que la même faim d’amour continue à habiter à la fois les hommes et les femmes?

    Comment expliquer pourquoi l’amour débouche sur tant de cœurs et de corps meurtris ?

    Monique Dinan

    Le Mauricien 6.4.2011

    06/04/2011 Monique DINAN