• Le droit à l’objection de conscience Les professionnels de santé mauriciens pourront-ils faire appLe droit à l’objection de conscience concernant l’avortement?

    Le droit à l’objection de conscience 

    Les professionnels de santé mauriciens pourront-ils faire appel, comme en Europe, au droit à l’objection de conscience concernant l’avortement?

    Quand la loi concernant la légalisation de l’avortement dans des cas spécifiques sera mise en vigueur dans notre République, le droit à la clause de conscience des professionnels de santé sera-t-il garanti ? Vu qu’un service public doit être assuré, il est normal qu’on demande à un médecin ou à un infirmier qui postule dans un service où l’on pratique des avortements, s’il est d’accord pour y participer. On ne peut, en aucun cas, contraindre un médecin à exécuter un avortement même quand il est légal s’il refuse de le pratiquer en exerçant son objection de conscience. Les infirmiers et infirmières auront-ils le droit de refuser de travailler dans les services directement associés à un avortement. Cette question doit être étudiée et réglée avant la mise en pratique des procédures officielles.

    L’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a rejeté en octobre 2011 le rapport de la députée socialiste britannique Christine McCafferty qui souhaitait limiter la pratique de l’objection de conscience en Europe chez les professionnels de santé.

    Au cœur des débats, l’avortement, l’euthanasie et l’aide médicale à la procréation assistée. Selon le rapport de la députée britannique, de plus en plus de médecins refusent de pratiquer l’IVG pour des questions morales, comme en Italie où 70% des gynécologues mettent en avant l’objection de conscience. Le projet de résolution prévoyait d’«obliger » les professionnels de santé à « donner le traitement (…) ». En France, de nombreuses associations, de même que le Conseil de l’Ordre des médecins ont dénoncé des dispositions qui « violent gravement la liberté de conscience des médecins (..), inacceptables et en contravention flagrante avec les règles éthiques généralement admises en Europe et le plus généralement dans le monde.»


    Le  vote de l’APCE sur cette question du droit à la liberté de conscience s’est en fait retrouvé renforcé et affirme que « nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions (…) ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie.»


    Ce vote du Conseil de l’Europe est venu réaffirmer solennellement en France la liberté de conscience des soignants, rappelant que nombreux sont les professionnels de santé qui connaissent des discriminations à l’embauche ou des brimades dans l’exercice de leur activité, parce qu’ils veulent exercer leur clause de conscience.

    Qu’en sera-t-il, dans notre République, à propos de ce droit humain de la liberté de conscience qui concerne directement la majorité du personnel médical qui sait et voit, encore mieux que tous les autres, que le but de tout avortement est d’arrêter une vie humaine en plein développement ?

    Monique Dinan

     

    A suivre :

    1. Où sont passés les bébés en Asie ?

    Publié dans Le Mauricien 4 septembre 2012

     

    1. Où sont passés les bébés en Asie ?

    Dans un excellent article publié dans Le Mauricien du 30 août 2012, Mme Amenah Jahangeer-Chojoo analysait les effets économiques et sociaux de la chute du taux de natalité à Maurice.

    Le 2ème Congrès de l’Association Asiatique de Population  qui s’est tenu à Bangkok, en Thaïlande, du 26 au 29 août 2012, a évoqué les mêmes problèmes associés à la dénatalité sur le continent asiatique. Ce congrès a favorisé l’échange des résultats de la recherche et a permis des discussions fécondes sur les politiques à suivre auprès des spécialistes de la population sur l’Asie. Des experts en démographie et en statistiques ont souligné, suite à leurs recherches et avec des chiffres à l’appui, les dramatiques problèmes démographiques en Asie. Un des thèmes les plus percutants était d’étudier ensemble le thème « how low can Asian fertility go ?"

     Les politiques gouvernementales visant à limiter la population ont entrainé des problèmes majeurs qui ont été discutés :

    • L’Asie est devenue le continent où le taux de vieillissement de la population est le plus fort au monde.
    • Le manque de 100 millions de femmes en Asie à cause de l’avortement sélectif des bébés filles résulte en un cruel manque d’épouses pour les jeunes adultes.
    • Il y a la stérilité des jeunes couples qui doivent avoir recours aux pratiques in-vitro pour se doter de familles.
    • La baisse de fertilité soulève déjà de multiples problèmes concernant le manque de main-d’œuvre et la nécessité d’une politique d’immigration avec tous les problèmes économiques et sociaux qui sont connexes. Le vieillissement de la population entraîne aussi des conséquences sur le financement des retraites futures.

    Un des papiers présentésau cours de la conférence est venu établir que, dans les régions où la contraception est encouragée et pratiquée, le taux d’avortement a augmenté sensiblement. Au Matlab, au Bangladesh, les enquêtes ont révélé que les avortements ont augmenté de 38.0% à 78.6%  dans une des régions étudiées et dans une autre de 31.6% à 81.4%  entre 1989 et 2008. Les recherches menées par Deepti Singh, Srinivas Goli, and Sulabha Parasuraman de l’International Institute for Population Sciences in Mumbai ont fait état que l’avortement provoqué est plus fréquent chez les jeunes, dans les milieux sociaux bourgeois et parmi les couples qui préféraient la venue au monde d’un garçon plutôt que d’une fille. Les risques d’avortements multiples étaient trois fois plus fréquents chez les femmes ayant fait des études secondaires que parmi celles qui étaient moins qualifiées.

    Alors que nous venons de légaliser l’avortement, quelles seront les mesures pro-natalistes que nous devrons promouvoir pour encourager la population mauricienne à retourner au taux de 2,1 enfants par femme en âge de procréer, alors que nous sommes maintenant tombés au taux de 1,5 et que nous avons d’année en année moins de bébés. Il y avait quelque 19 500 naissances en 2001; dix ans plus tard en 2010, il n’y a eu que quelque 15 000 naissances. Ce qui ne laisse rien de très positif à prévoir pour l’avenir.

    Monique Dinan                                           A suivre : 3. En Corée du Sud :

     

    Publié dans Le Mauricien 11 septembre 2012

     

    Le droit d’une femme à disposer de son corps ne peut être invoqué comme étant supérieur au droit à la vie d’un fœtus

     

    1. En Corée du Sud 

    Le droit d’une femme à disposer de son corps ne peut être invoqué comme étant supérieur au droit à la vie d’un fœtus

    Le 23 août 2012, la Cour constitutionnelle de la Corée du Sud a rendu un arrêt affirmant que « le droit à la vie est le plus fondamental des droits de l’homme » et que le droit d’une femme à disposer de son corps « ne pouvait être invoqué comme étant supérieur au droit à la vie d’un fœtus. ».

    Cette décision est vivement critiquée par des organisations féministes pro-avortement, dans un pays où les avortements sont très nombreux (169 000 par an en 2010, selon les chiffres officiels).

    La Cour constitutionnelle avait été saisie par une sage-femme poursuivie en justice pour avoir pratiqué un avortement « illégal ». Alors que la sage-femme estimait que le Code pénal, qui prévoit deux ans de prison pour les soignants pratiquant des avortements illégaux, était contraire aux lois fondamentales du pays, la Cour constitutionnelle a statué de la légalité du Code pénal sur cette question.

    Dans leurs arrêts, les juges constitutionnels ont affirmé que « le droit à la vie était le plus fondamental des droits de l’homme» et que le droit d’une femme à disposer de son corps ne pouvait être invoqué comme étant supérieur au droit à la vie du fœtus. Ils ont ajouté qu’une femme qui essaie de mettre fin à sa grossesse en tentant de provoquer une fausse-couche attentait au droit à la vie du fœtus. La dignité humaine étant fondée sur le respect de la vie, le juge ne pouvait pas se prononcer autrement.

    Notons qu’en Corée du Sud, une loi de 1973 autorise les interruptions volontaires de grossesse jusqu’à la 24ème semaine de grossesse, uniquement en cas de viol ou d’inceste, ou bien si le fœtus est porteur de certaines anomalies génétiques ou congénitales ou bien encore si la santé de la mère est mise en danger du fait de la grossesse. Dans tous les autres cas, l’avortement reste illégal. Il faut aussi ajouter que la Cour constitutionnelle de Corée du Sud fait commencer la vie dès l’implantation de l’œuf fécondé dans l’utérus féminin, alors qu’en fait toute vie humaine commence dès la fertilisation de l’ovule par un spermatozoïde.

    En Corée du Sud, l’avortement est de plus en plus fréquent dans le débat public, le gouvernement s’inquiétant des conséquences du vieillissement rapide de la population du fait de la chute constante de la fécondité.

    La Corée du Sud qui veut s’attaquer ouvertement à son grave problème de dénatalité a pris la ligne de conduite suivante : « We must work to create a mood where abortion is discouraged.”L’association des « Pro-life Doctors’ fondée en 2009 est très active sur le terrain et c’est elle qui fait prendre conscience à la population et aux notables de l’importance du respect de la vie.

    C’est à partir de 2002, suite à une lettre de l’évêque catholique d’Inchon demandant à ses prêtres d’être moins timides sur la question de l’avortement et de mieux informer les fidèles sur la position de l’Eglise à ce sujet, que la réalité de l’avortement a été expliquée. Mgr Choi  écrivait dans sa lettre qu’il y a 1,8 millions de fœtus étaient éliminés chaque année en Corée du Sud, alors qu’il n’y avait que 600 000 naissances : « ce qui signifie que 5 000 fœtus disparaissent chaque jour. » Il a souligné que les avortements en Corée étaient, en proportion, vingt fois plus nombreux qu’en Allemagne, onze fois plus nombreux qu’en Italie et en France et neuf fois plus qu’au Japon. « Il nous faut arrêter cette tuerie », a-t-il insisté dans sa lettre où il fait remarquer que les catholiques gardent le silence sur l’avortement mais font entendre leurs voix quand il s’agit de la peine capitale qui mène à la mort chaque année un tout petit nombre de personnes. Il a insisté pour dire que les pasteurs ne doivent pas mâcher leurs mots et expliquer qu’une interruption volontaire de grossesse est de toute évidence un crime grave aussi bien pour l’Eglise que pour la loi civile.

    Voici que dix ans après, en 2012, c’est la Cour constitutionnelle qui vient prendre position sur la question du droit à la vie du fœtus. Décourager l’avortement n’est plus la raison d’être des seules associations pro-vie, mais devient graduellement un souci de l’Etat qui veut s’attaquer ouvertement à la dénatalité du pays et au vieillissement de la population en reconnaissant le droit à la vie des enfants en gestation dans le sein maternel.

    Monique Dinan

     

    Publié dans Le Mauricien 19 septembre 2012

    Publications de Monique Dinan

     

    Publications de Monique Dinan

     

    Livres

    12. 2012 – Marie Reine de la Paix,

    Protectrice de l’Ile Maurice

           ISBN – 99903-36-66-0

    11. 2010  Les amours d’une vie

               ISBN – 99903-963-9-3 

    10. 2006  Enfant, ado : unique la route de ta vie

               ISBN 99903-904-6-0

    9. 2004  Mauritius in the making across the censuses 1846 – 2000

               ISBN 99903-963-9-3

    8. 2003 – La Vie dans ses Commencements

               ISBN 99903-958-8-8

    7. 2002  Sortir l’Avortement du Silence

               ISBN 99903-949-4-6

    6. 2000 – La Vie Catholique :       Mémoire, Miroir

               ISBN 99903-30-50-6

    5. 1999  Oui à la Vie, à l’École de Marie

               ISBN 99903-30-38-7  

    4. 1994  Femme, Hymne à la Vie

               ISBN 99903-0-169-7  

    3. 1986  The Mauritian Kaleidoscope –Languages and religions

    2. 1985  Une Ile Éclatée-

    Analyse de l’émigration mauricienne        1960- 1982

    1.  1968  Les Irlandais dans la ville de Québec

    Thèse de maitrise Université Laval, Québec.

    CD travaillés pour

    Le Mouvement d’Aide à la Maternité

    5. 2012 :                    Juin 2012 :      L’avortement légalisé: une solution ou  un problème ?

    Le parcours des pro-vie mauriciens de  2000-2012 pour promouvoir le respect de la vie

    4. 2012 :         « Zistoire la vie » 

    animée par Maryse d’Espaignet, pour l’éducation à la sexualité des élèves en fin de primaire

    3. 2011 :          Parent, je parle de sexualité à mon enfant 

    pour aider les parents à parler de sexualité à leur enfant.

    2. 2009 :           Grossesse – Accouchement – Accueil de bébé 

    pour la formation des futurs parents

    1. 2008 :            A la découverte de 
    la sexualité

     « Je grandis, mon corps change ». 

    « L’adolescence, je grandis, mon cœur veut aimer »

    « Parent de demain, je peux transmettre la vie »

    pour l’éducation à la sexualité des adolescents.

    Les pro-avortement l’emportent

     

     Décision « historique » en ce 12 juin 2012 :  50 députés se sont prononcés pour, 14 députés contre, 1 abstention et 4 députés absents du pays. La dépénalisation de l’avortement qui n’avait figuré sur aucun programme gouvernemental a été votée au Parlement. Reconnaissons que cette décision a été prise à l’issue d’un exercice parlementaire transparent où les députés ont eu à déclarer ouvertement leur credo et motiver les décisions de voter pour ou contre.

    Ils/elles se sont faits les champions des femmes pauvres qui ne peuvent se payer un avortement ici ou à l’étranger. Pour de nombreux politiciens, les pauvres ont toujours bon dos …

    Ils/elles ont brandi les faux chiffres des 18 000 à 20 000 avortements alors qu’à la Réunion (département français avec le plus fort taux d’avortements) où toutes les facilités sont prévues pour rendre accessibles les avortements, les chiffres officiels n’ont jamais dépassé les 6 000 avortements

    Avortements
    Chiffres de Maurice comparés à ceux d’autres pays

     

     

    Population

    totale en milliers

    Nombre

    Approximatif

    avortements

    Nombre

    Avortement

    par 1 000 de population

    Angleterre

    58 600

    180 000

    3,1

    France

    60 000

    120 000

    2,0

    Réunion

         716

    4 500

    6,3

    Ile Maurice

      1 200

    20 000 ??

    16,7

    .

    Ils/elles ont voulu rénové une loi trop vieille qui empêche de tuer.

    Ils/elles ont largement bénéficié du support d’une presse mauricienne largement acquise en faveur de la loi Varma ayant pour but de soutenir les arguments de Me Premila Patten devant la CEDAW.

    Il reste à la Présidence de notre République de se prononcer…

    Nous nous devons de souligner le contexte social de ce vote « historique » dans notre pays où toutes les formes de violence s’installent de plus en plus.

    Le dimanche 10 juin a vu l’émouvant enterrement d’une jeune de 17 ans tuée de façon brutale par son beau-père, dans un douloureux contexte familial de famille recomposée. C’est au cours de ces mois de mai-juin que se déroule le jugement de ceux qui sont accusés de l’assassinat de la jeune irlandaise lors de son voyage de noces.

    Les agressions sexuelles se multiplient, mêmes les femmes âgées n’étant plus à l’abri.

    Le mal-être des adolescents se fait de plus en plus sentir : 5 suicides et 20 tentatives de suicide répertoriés dans ces six premiers mois de l’année 2012.

    Sur nos routes, une violence qui fauche jeunes et vieux à toute heure du jour et de la nuit.

    Le climat social actuel privilégie le droit d’être : ce que je veux, je le fais … je le prends…

    Ce qui me dérange, je m’en débarrasse.

    Mon choix, c’est mon droit.

    C’est au nom du libre choix de la femme que les pro-avortement peuvent désormais crier victoire et de se dire qu’ils/elles ont enfin gagné !

    C’est au nom du respect de l’enfant à naitre que les pro-vie pourront continuer à témoigner que l’amour peut arriver à vaincre des montagnes de difficultés, que l’amour réchauffe les corps et les cœurs déjà meurtris et donne des ailes à l’avenir.

    Que les jeunes de notre République viennent de l’avant pour que, par réaction à ce vote « historique », ils deviennent des acteurs et des messagers pro-vie, pro-paix, pro-amour vrai et pro-familles heureuses parce que solides.

    04/09/2012 Monique DINAN