• A propos de Mmes Veil et Taubira

    Madame Rada Gungaloo a porté aux nues deux femmes à qui elle a décerné des propos des plus élogieux. Madame Simone Veil est présentée comme « une icône du progressisme » et Madame Taubira «  une grande, courageuse et merveilleuse Garde des Sceaux. »

     

    Madame Rada Gungaloo est certes bien libre de ses actions, de ses émotions et de ses réactions. Elle a pris le temps d’exposer longuement ses convictions et de partager sa conception de féministe pour qui l’avancement des droits humains contre l’injustice et l’exclusion est le credo suprême. Si je partage sa conviction que les droits humains doivent être respectés, je maintiens que dans les lois qui portent dorénavant le nom de ces dames, il y a d’autres droits qui sont complètement foulés aux pieds et bafoués.

     

    Avortement

     

    Analysons concrètement, chiffres à l’appui, certains résultats de la loi Veil. Ils vont révéler dans quelle mesure la légalisation de l’avortement qui implique obligatoirement la mise à mort et l’expulsion des bébés du sein maternel, ne constitue, en aucune façon, une avancée et une libération pour la femme.

     

    Le nombre d’avortements est particulièrement important en France (où le taux d’IVG est, par exemple, deux fois plus élevé qu’en Allemagne); cela est d’autant plus incompréhensible que 86% des femmes françaises considèrent que « l’IVG laisse des traces psychologiques difficiles à vivre » tandis que 83% d’entre elles pensent que la société devrait « davantage les aider à éviter le recours à l’IVG.» (sondage IFOP-Alliance pour les Droits de la Vie du 4 mars 2010).

     

    La Drees, service statistique du ministère de la Santé et des Affaires sociales, (voir internet) fait état des chiffres suivants : quelque 222.500 avortements ont été réalisés en France en 2011. 4 Françaises sur 10 ont donc recours à une IVG au moins une fois dans leur vie; pour le syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof, www.syngof.fr) c’est un "chiffre énorme et inquiétant", d’autant plus que le nombre progresse chez les jeunes filles mineures, dont 8000 à 10 000 se font avorter chaque année…. 

     

    La catégorie des 20 – 39 ans, soit la catégorie des femmes en âge " normal " d’avoir un bébé, représente 82 % des avortements pratiqués en France. En fait, le ratio d’avortements pour 100 naissances ne cesse d’augmenter : le nombre d’IVG ne cesse de croître pour un nombre de naissances – qui reste stable à 830.000 naissances par an.

     

    Ce sont donc des femmes jeunes, actives, qui sont les plus nombreuses à avorter avec des risques pour leur santé et leur fertilité mais surtout avec des séquelles psychologiques car un avortement ne s’oublie pas. Il est aussi prouvé que ce sont ces mêmes femmes qui auront recours à d’autres avortements après.

     

    L’IVG est maintenant disponible par le truchement du RU 486 qui accentue la banalisation d’un acte qui, plus que jamais, laisse la femme seule face à elle-même.  L’IVG médicamenteuse ne nécessite pas d’hospitalisation ; si l’ingestion des comprimés doit se faire en présence d’un praticien, c’est bien la femme qui s’auto-administre l’avortement, avant d’aller avorter toute seule chez elle dans ses toilettes ou sa salle de bain dans la solitude la plus complète. On estime aujourd’hui que 46 % du total des IVG se fait par ce moyen. Toutefois l’IVG médicamenteuse est présentée comme anodine, sans les conséquences ni les traumatismes de l’IVG chirurgicale, moins onéreuse aussi en termes de personnel soignant.

     

    D’une part, ces quelque 222 500 avortements constituent un échec de la contraception car 91% des Françaises sexuellement actives, âgées de 15 à 49 ans, déclarent employer une méthode contraceptive. Ce qui arrive à dire que l’utilisation des techniques contraceptives dont la France détient le record du monde débouche sur un recours accru à l’avortement en cas d’échec, l’IVG apparaissant en définitive comme le meilleur moyen de finaliser le projet contraceptif.

     

    D’autre part, les femmes utilisent de plus en plus la contraception d’urgence. C’est ce que souligne la Drees, qui fait état de plus d’un million de pilules du lendemain et du surlendemain vendues chaque année depuis 2005, ce qui n’a pas empêché le développement de la grossesse et le recours à l’avortement.

     

    En France, le monde médical s’inquiète de l’effectif décroissant des gynécologues qui pratiquent l’avortement ; la génération des médecins qui a mis en œuvre la loi Veil part à la retraite. Leur relève n’est pas assurée car les médecins préfèrent choisir d’autres domaines d’intervention.

     

    Il faut aussi faire ressortir qu’à l’origine, les raisons d’un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd’hui plus de l’ordre du confort et comme une solution de facilité, ce qui n’était pas dans l’esprit de la loi Veil.

     

     

     

    La théorie du Genre

     

    La théorie du Genre se présente sous les traits de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Il y a eu une connivence des féministes radicales et du lobby gay dans leur critique de la société. Pour résoudre les inégalités, ces groupes de pression proposent de déconstruire la société dans ses références à la différence sexuelle. Ils veulent remplacer l’homme et la femme, en tant que personnes sexuées, par des individus caractérisés par des orientations sexuelles variées et choisies. Leur théorie repose sur le fait que l’individu devrait être le seul maître de son moi, de son identité et de son avenir pour construire un monde sans contrainte et sans limite, à partir de sa seule volonté.

     

    De cette théorie du Genre découlent les points suivants :

     

    • Une monosexualité que chacun est libre de se choisir, indépendamment du sexe avec lequel il est né. Avec un corps de garçon, il choisit de se comporter comme une fille ou avec un corps de fille, elle choisit de se comporter en garçon.

     

    • La différence des sexes, le mariage et la filiation n’ont plus d’importance.

     

    • La notion du couple est directement attaquée : il n’y a qu’un homme et une femme qui forment un couple et qui copulent. La notion du couple, dans son sens plénier, n’est pas applicable à la relation entre personnes de même sexe.

     

    • Le couple homosexuel peut revendiquer un droit à l’enfant : l’enfant risque de ne pas être reconnu pour lui-même dans sa réalité de sujet, mais comme un bien et un objet affectif pour le couple homosexuel.  

     

    • La procréation devient séparée de la sexualité malgré le fait que toute vie humaine ne peut commencer qu’avec la rencontre d’une demi-semence d’homme et d’une demi-semence de femme.

     

    • La procréation n’a plus rien à voir avec le corps humain grâce à l’assistance médicale à la procréation (AMP) et à l’insémination avec donneur anonyme. L’enfant peut ne jamais connaître son ou ses parents géniteurs.

     

    Il y a depuis quelques années tout un lobby pour l’introduction de la théorie du Genre dans les manuels scolaires. Que se passera-t-il à la rentrée scolaire  en France la semaine prochaine ?

     

     

     

    C’est en féministe sincère et suivant de près l’actualité que j’apporte ces quelques points d’éclaircissement afin que les réalisations proclamées des héroïnes présentées soient vues dans leur vraie perspective. C’est au sein d’un couple formé par un homme et une femme que la famille se construit. Les enfants, dès leur premier instant de vie, sont des humains à part entière et ont les mêmes droits que les autres.

     

     

     

    Où sont, en fait, les progrès souhaités et promis par Mesdames Veil et Taubira ?

     

    Monique Dinan

     

    Publié dans Week-End du 1er septembre 2013

    01/09/2013 Monique DINAN