• Thérèse Tadebois Une battante au grand cœur

    Une Mauricienne qui est une fierté pour l’Ile Maurice

    Ma première rencontre avec Thérèse Tadebois a été lors de son premier jour de travail au Couvent de Lorette de Rose-Hill où j’ai été une de ses élèves ; une enseignante qu’on n’oublie pas à cause de sa chaleur humaine et de la qualité de ses cours. Je lui dois ma solide implantation dans le domaine de la géographie et de l’histoire dans les années cruciales du secondaire. Thérèse est en fait une des premières Mauriciennes à obtenir le précieux diplôme de BSC Hons. par correspondance. Elle l’a obtenu, alors que son sixième enfant était venue prendre place dans sa vie déjà bien remplie de jeune maman. Thérèse est restée toute sa vie une enseignante hors pair qui a su démystifier pour des générations d’élèves, filles et garçons, le monde complexe des mathématiques.

    Épouse très aimée, elle a épaulé son époux Guy qui, en sus de sa vie professionnelle de fonctionnaire de la Sécurité Sociale, a été un pilier du scoutisme dans les années 50/60. Thérèse a été la super cheftaine de toute une génération de jeunes femmes qui se sont lancées dans le social comme cheftaines de louveteaux. Toutes ont encore en mémoire les camps de formation sur le terrain des scouts à Pointe-aux- Sables ou dans les forêts avoisinant le Château du Réduit…et les grandes rencontres nationales des Akélas réunies avec leurs meutes, autour de la Fête du 4 octobre de St François d’Assise, au Jardin des Pamplemousses. La mienne, dont la toute nouvelle troupe de scouts indo-catholiques venait d’être lancée, venait de Mont-Roches.

    Tout ce style de vie super remplie et bien encadrée s’est effondrée avec la mort subite de Guy, emporté par un infarctus en janvier 1969. Thérèse a, dès lors, assumé toutes les responsabilités de faire grandir ses six enfants et de les aider à se situer dans la vie professionnelle. Courageusement elle a relevé tous les défis auxquels elle a dû faire face.

    Rectrice du Couvent de Lorette de Rose-Hill  pendant une dizaine d’années, elle a insufflé un dynamisme et une ouverture qui continuent d’inspirer l’Amicale des Anciennes du LCRH dont le but est de se regrouper pour s’investir dans le social et faire vibrer l’amitié parmi les anciennes élèves.

    La retraite bien méritée de Thérèse a ouvert de nouvelles avenues dans lesquelles elle s’est investie, riche de toute son expérience de vie et de ses nombreux contacts. Encore une fois, elle a creusé de nouveaux sillons pour enrichir ceux qu’elle a choisis de côtoyer. Elle a animé des sessions pour le personnel de La Nouvelle Clinique du Bon Pasteur dont son fils médecin a assumé la responsabilité : des rencontres bien structurées dans un climat de partage et d’amitié pour souder les équipes au travail et leur inculquer les qualités de cœur et l’esprit de service afin que les malades se retrouvent mieux entourés.

    Sa dernière grande réalisation, et peut-être la plus importante au niveau national, est venue couronner une vie axée sur le partage et le social. Ce travail a commencé au ras du sol dans les quartiers défavorisés de Quartier Militaire auprès des enfants non scolarisés, voués à grandir dans l’inaction.

    Thérèse a su mobiliser toute une équipe de volontaires dévoués et enthousiastes qui ont réussi à trouver les méthodes et les finances pour intéresser ces enfants et leur permettre de progresser pendant leur adolescence avec des acquis et des valeurs pour leur faciliter l’obtention d’un emploi. Ce travail se poursuit maintenant à La Valette à Bambous où ces enfants ont maintenant un local bien adapté pour leurs activités éducationnelles et sportives.

    Merci Thérèse pour ton grand cœur, ton exemple et ta foi solide.

    Quelle richesse de t’avoir connue et d’avoir cheminé proche de toi.

    Merci pour ton courage, ta détermination et ton lumineux sourire.

    Monique Dinan

    Published in “Le Mauricien“, 07.10.2014

    07/10/2014 Monique DINAN