• Une des priorités actuelles : un plus grand nombre d’enfants mauriciens Qu’est-ce que nos partis politiques en lice prévoient à cet effet ?

    Les jeunes, s’ils sont compétents et responsables, constituent la force motrice d’une nation pour leur apport au progrès économique.

    Parmi eux se trouveront aussi ceux qui auront à cœur de s’occuper des personnes âgées qui seront de plus en plus nombreux.

    S’attaquer au vieillissement de la population mauricienne va-t-il constituer une des priorités du prochain gouvernement ? C’est un des problèmes majeurs auquel notre pays fait face avec un taux de population de fertilité de 1,43 % qui est bien inférieur à celui de la Réunion et même celui de la France ?

    Quelle doit être la priorité du prochain gouvernement ?

    Des allocations chômage qui vont alourdir le budget national pour financer des Mauriciens inactifs ?

    Des pensions de vieillesse améliorées alors qu’il n’y aura pas suffisamment de jeunes au travail pour constituer le pool des revenus à partir desquels les taxes devront être prélevées pour payer ces pensions ?

    La plus urgente priorité n’est-elle pas de promouvoir une campagne de motivation, avec les moyens appropriés, pour encourager les familles mauriciennes à avoir plus d’enfants? C’est dans divers domaines et à différents échelons que le gouvernement doit prendre des mesures à cet effet.

    Pour une éducation civique et sexuelle

    des adolescents

    Commençons avec la jeunesse actuelle qui constitue le réservoir des parents de demain.

    Qu’est-ce qui doit être programmé pour un meilleur vivre ensemble où les valeurs d’honnêteté et de civisme seront prônées ? Est-ce qu’ils reçoivent une éducation saine à une sexualité responsable où filles et garçons comprendront le besoin d’amour qui les habite ? Les rapports sexuels précoces sont sources de problèmes qui meurtrissent à la fois et les corps et les cœurs. Ils doivent comprendre pourquoi le pran letan pou kontan peut résulter en un amour plus vrai en vue de fonder une famille qui va durer. Tout comme l’adolescence constitue les années fondatrices pour se préparer à la vie professionnelle, nos adolescents doivent comprendre qu’ils sont des futurs parents appelés à vivre de vrais romans d’amour qui leur permettront de bien encadrer leurs enfants dans des familles stables. Que d’insécurité et de problèmes qui affectent garçons et filles qui font face à des grossesses précoces? Les enfants qui se retrouvent dans des familles fragilisées sont exposés à divers risques, parce qu’ils ne sont pas suffisamment encadrés par des parents responsables.

     

    Un service prénatal qui fera diminuer

    le nombre de césariennes  et de prématurés

    Dès que la grossesse s’est annoncée, le ministère de la Santé offre des services gratuits bien structurés  pour des inscriptions en vue de l’accouchement et des tests pour que la grossesse se passe au mieux. On vient, on fait queue pour des consultations et des prescriptions, mais il n’y a pas de sessions de formation avec des projections et des échanges pour mieux connaitre et comprendre le beau travail de l’enfant qui se construit. Tout ce que vit la maman – ses joies comme ses peines – réagit sur son bébé. Les Mauriciennes ignorent tout de la pratique de l’haptonomie, le toucher de tendresse que maman peut établir avec son bébé. Elles ne sont pas suffisamment averties de ce qui peut lui faire du tort et entraver le développement de leur enfant, d’où la hausse préoccupante dans le nombre de césariennes où nous sommes au hit parade parmi les pays cloués au pilori avec un taux de quelque 50% de césariennes alors que la norme acceptée par l’ Organisation Mondiale de la Santé est de 15%.

    Notons aussi la mortalité infantile en hausse de 25% de janvier à juin 2014, ce qui dénote un suivi de grossesse mal accompagné. On a tendance à associer cette hausse aux  grossesses précoces et à la prématurité des nourrissons, d’où l’importance d’un suivi plus rigoureux de la grossesse.

     

     

    L’absence des papas aux accouchements

    dans les hôpitaux

    Une session d’information ouverte aux futurs parents est essentielle: papas et mamans sont tous deux autant concernés par l’accouchement, avec bébé qui déclenche lui-même son travail pour venir au monde. Il faut comprendre les douleurs qui s’annoncent, savoir comment respirer pour faciliter le passage de l’enfant, ne pas se réfugier dans la péridurale, sans connaitre ses réels effets. Les salles de maternité doivent être accessibles dans les hôpitaux aux papas qui désirent aider leur épouse pendant l’accouchement. c ; cela n’est actuellement possible que dans les cliniques payantes, ce qui constitue une discrimination car la police est présente pour tenir à distance les papas  de leur femme qui accouche dans les hôpitaux. Alors que ce temps fort du premier cri de leur enfant peut venir renforcer les liens au cœur de la famille.

    A quand les crèches dans les milieux de travail ?

    Quelle sera la politique du futur gouvernement pour encourager firmes et usines à ouvrir des crèches bien structurées afin que les bébés des mamans qui travaillent soient allaités sur place aussi longtemps que les mamans peuvent le faire et aient une bonne prise en charge dans une ambiance sécurisée ? Voilà un domaine où des jeunes femmes bien formées dans des instituts qualifiés pourraient trouver de l’emploi, ce qui réduirait d’une part le taux de chômage parmi elles et, d’autre part, offrirait aux bébés des activités adaptées pour promouvoir leur développement sensoriel et leur progrès.

     

    Parents au travail jusqu’à trop tard les après-midis

    Quelles seront les heures officielles de travail à Maurice en 2015 ? Qu’en est-il des 9.00 à 16.00, ce qui permettait au moins aux mamans de rentrer à la maison pour encadrer leurs enfants les après-midis. Certaines firmes prolongent même leurs réunions jusqu’à tard dans la soirée ; du bureau au club ou au diner d’affaires, pour certains c’est la routine…  Au personnel d’être là disponible! Pourquoi ne pas adopter le principe de caser toutes les grosses réunions d’entreprises dans la matinée ou avant seize heures  afin qu’il y ait moins de pression de travail après 16.00. Trop de comités ne se réunissent qu’après des déjeuners indûment  prolongés et qui ne commencent qu’à l’heure où les enfants rentrent de l’école.

    Que le travail à temps partiel soit reconnu et encadré par des règlements bien définis afin qu’il n’y ait pas d’exploitation indue.

    Le flexi time pourrait aussi être introduit.

    Combien de parents doivent faire appel à un service payant ou à des grands-parents débordés, alors que leur présence serait tellement positive pour établir des liens solides avec leur enfant en ces années cruciales de leur développement ?

    La présence des papas est aussi importante pour leurs enfants. Une chanson à grand succès « papaoutai» l’a proclamé très fort.  D’où l’importance de ne pas se laisser dévorer par le travail ou de se lancer dans une absence permanente de la maison familiale avec un divorce.

    Ces jeunes d’aujourd’hui seront nos maitres de demain. Que saurons-nous leur léguer pour qu’ils deviennent des Mauriciens capables d’être heureux en amour, de devenir des travailleurs qualifiés et honnêtes et de se révéler des citoyens responsables. L’absence prolongée de parents aimants et disciplinés se répercute dans une jeunesse qui veut tout tout de suite, prête à tous les excès.

    Que feront nos politiciennes pour promouvoir la natalité?

    Nous demandons plus de femmes en politique. Sauront-elles faire introduire les mesures qui doivent être prises pour renforcer le tissu familial ?

    Une scolarité moins chère, ce qui bloque bon nombre de parents pour agrandir leur famille.

    Des abattements fiscaux pour cinq à six enfants.

    Des allocations familiales pour les familles à revenus modestes.

    Des écoles de parents pour les aider  à faire face à certains problèmes

    Nous ne résoudrons le problème majeur de la dénatalité mauricienne qu’en prenant le temps et les moyens de devenir un pays où l’on se retrouve heureux d’être en famille.

    Monique Dinan

    Publié dans Le Mauricien  du 15 novembre 2014

    15/11/2014 Monique DINAN